| Après
l'épisode sicilien (chant
V), Enée débarque en Italie à Cumes. Il y rencontre la
Sibylle, qui le conduit aux Enfers, sur le modèle de la descente d'Ulysse
dans l'Odyssée (Chant
VI) | 
Claude
Gellée, dit Le Lorrain La Sibylle de Cumes conduisant Énée plume,
encre brune, lavis brun et gris, rehauts de blanc 25,3 cm x 35,5 cm [louvre.edu],
photo RMN, J. G. Berizzi |
Les
livres VII à XII, qui se passent dans le Latium,
racontent les combats d'Enée contre le rutule Turnus. Au
Chant XII, Enée, blessé, est soigné par sa mère Vénus
et le médecin Japis http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V12-Plan.html | 
Giovanni
Francesco Romanelli Énée soigné de sa blessure 1646-1647
huile sur toile 160 cm x 217 cm [louvre.edu],
photo RMN, F. Raux |
À
gauche, Énée assis, appuyé sur sa lance, est secouru par le médecin Japis, agenouillé
devant lui. Vénus, couchée sur un nuage, reçoit de deux amours le dictame qu’elle
verse sur les blessures de son fils. Au premier plan, à gauche, un jeune homme
en pleurs, peut-être Ascagne fils d’Énée, se tient agenouillé. Plusieurs guerriers
observent la scène. Cet épisode est tiré du livre XII de L’Énéide. Le médecin
Japis n’arrivant pas à retirer la flèche de la blessure d’Énée, Vénus apparaît
pour verser un baume qui fait cesser la douleur et l’épanchement de sang. Japis
peut alors facilement retirer le trait, et le fils de Vénus et d’Anchise, guéri,
repartira au combat. La composition très dense frappe par le caractère monumental
des figures et l’intensité des couleurs employées par l’artiste. Cependant, certains
détails, le relief du bouclier, ou les ustensiles du médecin au premier plan,
font l’objet d’une description minutieuse. L’art
de Romanelli présente une synthèse entre la tradition baroque de Pierre de Cortone,
dont il fut l’élève, et le classicisme de peintres tels que Guido Reni, le Dominiquin,
ou encore Nicolas Poussin. À deux reprises, en 1646 et en 1655, il se rendit à
Paris où il décora la grande galerie du palais Mazarin, puis les appartements
d’été d’Anne d’Autriche au Louvre. Son influence sur la peinture française du
XVIIe siècle fut considérable. Le tableau du Louvre fut exécuté pour le Cabinet
de l’Amour de l’Hôtel Lambert, dont Eustache Le Sueur peignit le plafond. Cinq
tableaux représentant des sujets tirés de L’Iliade et de L’Énéide furent ainsi
commandés, quatre à François Perrier et un à Romanelli, afin d’être encastrés
dans la partie supérieure des lambris. Énée soigné de sa blessure décorait le
mur opposé aux fenêtres, faisant ainsi pendant à La Défaite des Harpies de François
Perrier, également conservée au Louvre. [louvre.edu],
texte de Agnès Alfandari |