Le Culte d'Apollon à Délos




Images représentants le Dieu Apollon

  Il est le plus souvent représenté nu, sous la forme d’un beau jeune homme sans barbe, les cheveux blonds, bouclés et flottants, la tête couronnée de laurier, tenant de la main droite un arc et de la gauche une lyre à sept cordes.

Pourquoi a t-on fait un sanctuaire à Délos ?

  Lors de l’une des ses aventures extra-conjugales, Zeus mit enceinte Léto (fille du Titan Coecos), qui donna naissance à deux jumeaux, Artémis et Apollon. Héra, l'épouse de Zeus, toujours jalouse, s’obstina à poursuivre l’infortunée Lêto à travers toute la terre pour l’empêcher d’accoucher. Lêto trouva finalement refuge sur la petite île d’Asteria. L’Hymne homérique à Apollon dit que l’île se couvrit alors d’or, ce qui était normal puisque le dieu de la lumière venait d’y naître. L’île se fixa car elle dérivait et devint la brillante Délos. Dès qu'il apprit sa naissance, Zeus offrit à son fils une mitre d'or, une lyre et un char attelé de cygnes. Apollon fut nourri de nectar (aliment liquide) et d’ambroisie (aliment solide) par la déesse Thémis. Quelques jours après sa naissance, Apollon accompagné de sa sœur jumelle Artémis, part à la recherche d’ un lieu pour établir un oracle : un lieu où les mortels pourraient connaître la volonté de son père Zeus. Le bébé devint en quelques jours un magnifique adolescent. Le jeune Apollon est alors emmené par les cygnes sacrés au-delà de la patrie de Borée, le vent du Nord, chez les Hyperboréens (hyper en grec veut dire "au-delà"). On trouve cette histoire racontée par Callimaque, un poète de l'époque héllenistique, dans son Hymne à Délos (vers 41 à 54).

Le Sanctuaire d'Apollon à Délos


Vue de Délos

Allée des Lions

Entrée du Sanctuaire

Reconstitution du Temple d'Apollon

Histoire de Délos
en grec ancien Délos et en grec moderne Dhilos
Ile situé en Grèce, la plus petite de l'archipel des Cyclades dans le Mer Égée.

  Le rôle très important que cette petite île a joué en Grèce lui est venu de sa vocation religieuse. Vers le VIIe s. av. J.-C., l'île avait déjà un grand sanctuaire d'Apollon, qui témoignait de son importance comme centre de foires panhelléniques (pour tous les Grecs, de pas, pantos "tout" et de hellèn, hellénos "grec"). Après les guerres contre les Perses, elle fut le siège d'une ligue maritime fondée par Athènes (la ligue de Délos).

   Mais, en 454, les Athéniens enlevèrent le trésor fédéral du temple d'Apollon pour le transporter sur l'Acropole, et mirent la main sur le sanctuaire. Les habitants de l'île furent exilés. Pour purifier la ville, on y interdit les accouchements et les enterrements. On y célébrait tous les quatre ans des fêtes en l'honneur d'Apollon (les Délias).

   Libérée pendant les guerres du Péloponnèse, l'île retomba sous la domination athénienne en 377. Elle retrouva son autonomie en 315 et redevint le centre religieux d'une confédération insulaire. En 166, les Romains rendirent Délos aux Athéniens. L'île devait rester, jusqu'à la fin du Ier s. av. J.-C., la plus grande place méditerranéenne pour le commerce du blé et des esclaves. Mais, dévastée et pillée en 87 av. J.-C. par un général de Mithridate, roi du Pont (au Nord de l'Asie Mineure, en bordure de la mer Noire), elle ne put se relever. Le port s'ensabla, les routes commerciales changèrent, et l'illustre cité sombra dans une irrémédiable décadence.

   Délos n'est pas le seul site grec à avoir un sanctuaire d'Apollon, mais c'est un sanctuaire différent. On n'y consulte pas Apollon pour connaître l'avenir comme à Delphes. D'autre part, du moins à l'époque hellénistique, on y trouve d'autres sanctuaires consacrés à d'autres dieux : Artémis sa soeur et Léto sa mère sans doute , mais aussi Héra, dont le temple est un peu à l'écart au pied du mont Cynthe (c'est normal, elle avait poursuivi Apollon de sa jalousie, mais il ne fallait pas non plus qu'elle porte malheur aux Déliens si elle n'était pas du tout honorée). Le sommet du Cynthe était occupé aussi par des sanctuaires de Zeus et d'Athéna.

  Le grand nombre d'étrangers habitant Délos au moment de sa plus grande expansion explique qu'on y construisit plus de sanctuaires égyptiens que partout ailleurs en Grèce, le seul sanctuaire syrien, et enfin la plus ancienne synagogue juive.

Apollon et son Sanctuaire

  Le hiéron d’Apollon est le sanctuaire principal, en bordure de l'anse portuaire. La ville ne s'est longtemps pas distinguée de cet espace sacré, qui garde sur ses bordures les bâtiments de l'espace civique (salle du Conseil et salle de l'assemblée du Peuple, le prytanée et ses autels). Vers la fin du VIe siècle av. J.-C., on a cherché à organiser partiellement ce sanctuaire encore clairsemé, en le fermant avec un portique en L au Sud-Ouest, sur une terrasse remblayée près du port; l'existence d’une agora primitive, pour les rassemblements du peuple, a été supposée sur le vaste terrain ainsi cadré. Tandis qu'au Sud, dans le prolongement du portique des Naxiens, le bâtiment dit Oikos des Naxiens pourrait bien avoir été alors le premier temple d’Apollon, signalé par une statue colossale du dieu, au Nord et à l'Est les limites du téménos d’Apollon, où l'on remarque surtout de petits édifices indépendants les uns des autres, ne sont pas nettes. En continuant un bon moment vers l'Est, en marge de la ville, le visiteur de cette époque archaïque pouvait voir le sanctuaire d’un mythique héros local, l'Archégète Anios, dont l'entrée fut interdite aux non-Déliens à partir du moment où ceux-ci prirent conscience de leur identité.

  Plus près d’ Apollon, au Nord de son sanctuaire, à côté d’antiques tombeaux devenus lieux de culte, le premier édifice rencontré est un petit temple d’Artémis; le sanctuaire de sa soeur jumelle restera toujours comme imbriqué dans celui d’Apollon, même et surtout quand un portique coudé en dessinera plus clairement les limites. En s'éloignant encore on trouve un modeste sanctuaire des Douze Dieux, puis le téménos de Léto, avec son temple à banquette (pour la commodité des passants), dans le prolongement duquel un alignement d’au moins neuf lions (seize à l'origine ?) en marbre de Naxos monte la garde depuis 600 av. J.-C., entre un mur de terrasse et le Lac sacré, aujourd’hui asséché. Le matériau et la date de ces lions les font rapporter à l'hégémonie naxienne. Il est possible qu'au départ ils aient signalé la voie qui conduisait du Nord de l'île aux sanctuaire d’ Apollon et d’ Artémis. Puis, après la construction du temple de leur mère Léto, vers 540, ils devaient surtout être considérés comme les gardiens du téménos de Léto. Cet espace sacré est finalement devenu, au IIe siècle av. J.-C., une sorte d’esplanade, important carrefour de communication entre les quartiers Nord d’habitation, le port de Skardhana, l'agora des Italiens et le sanctuaire d’ Apollon.  Au gré des décisions politiques, celui-ci s'est peu à peu enrichi de nouvelles constructions, temples, autels ou monuments votifs, avant d’être entièrement clos par un mur de péribole, des portiques, et divers édifices dont la fonction ou l'identification n'est pas toujours assurée. Si elle a tenté d’en structurer la bordure Nord, la construction du portique d’Antigone, dans le 3e quart du IIIe siècle, a aussi entraîné le rejet hors du sanctuaire d’un vieil abaton, ou petit téménos hypèthre dont l'accès n'était permis qu'aux seuls initiés, et de la très antique fontaine des Nymphes minoïdes, dont l'eau sacrée devait servir aux besoins des cultes comme à des nécessités profanes.

SOURCE : http://www.efa.gr/Sites de fouilles/Delos/sanctuaire_cultes.html


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