Un Roi sans divertissement :
Les personnages

Index

Marie Chazottes Le loup Le chien Langlois Urbain Timothée
Le cochon M. V. Dorothée Le Procureur Delphine
Ravanel Georges Callas Delphin Jules Bergues Saucisse Mme V.
Ravanel Père Anselmie Frédéric II Mme Tim Cadiche, Arnaude, Mathilda
Le curé La Martoune Frédéric IV Le fils Onésiphore Le groom
Les gendarmes le petit garçon Curnier Pierre-le-brave de Ponsonas Bouvard
Le cheval V. (Amédée) Sazerat Les vieillards  Le colporteur




Les personnages sont ici présentés dans leur ordre d'apparition.
Il ne s'agit pas de faire un relevé exhaustif, surtout pour les personnages principaux
qui pourront faire l'objet de recherches et d'exposés (pistes en rouge)
mais de donner quelques repères significatifs pour les personnages secondaires

Frédéric (IV)

p. 9 : propriétaire de la scierie : première dynastie, explicitée p. 31.
 

M. V.

p. 10 : "M. V se servit beaucoup de ce hêtre ": prolepse énigmatique. L'absence de référence à la fois de l'initiale et du "non-lieu"qu'est Chiliane renforce le mystère alors que tout semble dévoilé avec évidence.
V. introduit la seconde dynastie.

Il serait intéressant de poursuivre la trace du signifiant V dans les pages qui suivent : "vive"," hiver", "va voir", "s'enlever"...
M.V. ne réapparaît que sous des périphrases p. 33 : "cet homme dénaturé" qui s'abrite sous le hêtre par temps d'orage jusqu'à ce que...
p. 76 : l'identification du nom se fasse par la maison : "On lui répond : oui, oui c'est M.V."
" maison à deux fenêtres" = signe social d'aisance
p. 79 : "(il dira...il pensait qu'à cette heure M. V devait fumer ses quatre sous de tabac sous la suspension dorée."
L'absence du nom est significative pendant toute l'expédition conduisant à l'arrestation et au meurtre.
p. 114 : "ce temps où nous avions été pour ainsi dire, comme des moutons dans des claies pour M. V"

p. 152 : "n'avions-nous pas déjà entendu dire que M.V. était un homme comme les autres ?"

 

V. (Amédée)

p. 10-11 : sur le jeune lecteur de Sylvie voir Giono et Nerval


Sazerat

p. 12 "mon ami..de Prébois" : type de l'historien local réducteur de beauté


Marie Chazottes

p. 16 : disparition

p. 17 : "Cette Marie Chazottes avait vingt ans, vingt-deux ans. Difficile aussi de savoir comment elle était" : description faite par généalogie interposée > brun, blanc, bleu
"C'est ainsi qu'on peut, peut-être, voir Marie Chazottes : une petite brune aux yeux clairs, blanche comme du lait, vive et bien faite.."
p. 18 : "on ne pensa pas une minute que Marie Chazottes avait pu s'enlever...D'ailleurs, s'enlever avec qui ? Tous les garçons du village étaient là. De plus, tout le monde le savait, elle ne fréquentait pas. Et, quand sa mère la rappela pour lui faire mettre ses sabots, elle sortait en chaussons. A se faire enlever, c'était à se faire enlever par un ange, alors !"
p. 44 : "le dégel n'avait pas rendu le corps de Marie Chazottes"
p. 48 : "Marie Chazottes, évidemment, n'était pas grosse et rouge, mais précisément. Elle était très brune et par conséquent tres blanche, mais, quelle est l'image qui vient tout de suite à l'esprit (et dont je me suis servi tout à l'heure) quand on veut indiquer tout le pétillant, tout le piquant de ces petites brunes? C'est “ deux sous de poivre ”."
p. 49 : "Il est facile d'imaginer, compte tenu des cheveux très noirs, de la peau très blanche, du poivre de Marie Chazottes, d'imaginer que son sang était très beau. Je dis beau. Parlons en peintre."
p. 78 : dernière mention de son crâne , plus petit que les autres, lors de la découverte des cadavres.

Bergues

p. 18 : un braconnier courageux et bon catholique - rôle protecteur pour le village : "Le lendemain [de la disparition de Marie Chazottes] , à travers la neige qui continue à tomber dru, on voit passer Bergues avec ses raquettes, et il descend du côté du cimetière des protestants, vers les Adrets." (allusion au baron des Adrets, célèbre pour ses massacres de catholiques dans le Dauphiné et le Forez)
Son catholicisme caricatural est l'objet d'une allusion p. 23 "à la lettre". Rappelons que l'opposition catholique protestant passe chez Giono par l'opposition mère-père, le protestantisme ne pouvant être choisi que par "grandeur d'âme", sens de ce que c'est qu'un réprouvé (cf. les réprouvés de Baumugnes à qui ont a coupé la langue dans Un de Baumugnes)

p. 18-19 : "Quand Bergues et les deux autres braconniers et qui connaissaient parfaitement leur affaire (tous les coins où l'on peut se perdre) rentrèrent bredouilles.."
p. 20 : le point de vue de Bergues : "C'est en raccompagnant la Martoune que Bergues et deux autres types qui prenaient l'apéritif au Café de la route tombèrent sur le petit groupe éberlué dans lequel se tenait l'homme qui venait de tirer le coup de fusil."
p. 21 : "après que Bergues, avec beaucoup de présence d'esprit, lui eut enlevé des mains ce fusil dans lequel il restait encore un coup à tirer."
p. 22 : "Bergues, d'ordinaire si calme et si philosophe, dit : “ Sacré salaud, il faut que je l'attrape. ” Et il alla chercher ses raquettes et son fusil. (...)  Bergues rentra bredouille à la tombée de la nuit."
p. 23 : "c'est un spécialiste des randonnées d'hiver ; il a le meilleur pas de tout le village ; il avait des raquettes, il avait sa colère, il avait tout mais il ne put jamais apercevoir autre chose que cette piste bien tracée, ces belles taches de sang frais sur la neige vierge."
p. 23 : simplicité : "Bergues n'est pas fait pour chercher midi à quatorze heures. S'il dit que les traces se perdaient dans les nuages c'est que, à la lettre, elles se perdaient dans les nuages..."
Bergues annonce le littéralisme de Delphine à propos des boîtes à cigares.
p. 24 : " On l'avait tellement réchauffé au vin chaud et au petit verre, au retour de sa poursuite, qu'il avait pris une cuite magnifique. Il fit son commandant sans arrêt, allant frapper à toutes les portes, flanquant la frousse à des chambrées de femmes et d'enfants et même à des hommes qui, depuis la tombée de la nuit, ne respiraient plus et écoutaient pousser leurs cheveux. (...)
Il faut excuser Bergues qui est célibataire, un peu sauvage et qui ne sait pas se retenir, ni pour boire ni pour rien ; mais, chez Ravanel, un peu excité, fatigué, ou bien l'alcool, il se mit à dire des choses bizarres; et, par exemple, que “ le sang, le sang sur la neige, très propre, rouge et blanc, c'était très beau ”. (Je pense à Perceval hypnotisé, endormi ; opium ? Quoi ? Tabac ? aspirine du siècle de l'aviateur-bourgeois hypnotisé par le sang des oies sauvages sur la neige.)
Ce petit démarrage de Bergues qui, d'ailleurs, par la suite et immédiatement redevint le Bergues placide, philosophe à la pipe et même un peu fainéant qu'il était d'habitude, ne fut pas remarqué sur-le-champ ; il fut seulement enregistré instinctivement par ceux qui étaient là, et qui, finalement, s'en souvinrent."
p. 31 : odorat de pisteur : "Bergues avait eu beau vadrouiller, et inspecter, et même renifler dès qu'il commença à faire un peu chaud : rien."
C'est lui ou Frédéric II qui, sentant l'odeur de la boue puante du bief, suggère de la mettre sous le hêtre.
p. 40 : "Bergues disparut. On ne s'en aperçut pas tout de suite. Il était célibataire et personne ne put dire à quel moment exactement il avait manqué au monde. Il braconnait; il chassait les choses les plus invraisemblables ; il aimait la nature ; il restait parfois absent une semaine."
p. 40-41 : le village est effrayé sans lui : "un homme fait, costaud, courageux, le plus malin de tous, personne ne se sentait assez costaud, assez courageux et assez malin désormais."

Le curé

p. 19 : sermon en chaire sur le diable :" Le curé dit que le diable était un ange, un ange noir, mais un ange."

p. 20 : "M. le curé avait raison. Il ne s'agissait pas du diable. C'était beaucoup plus inquiétant."
p. 54 : montre les objets du culte à Langlois
p. 55 : "un athlète timide et inspiré"
p. 56 : "le monstre... dit le curé.
- Ce n'est peut-être pas un monstre, dit Langlois".
p. 56 : "M. le curé participa lui-même à la bonne garde de son troupeau. Il se sentait, dit-il, personnellement responsable."
p. 57 : "Pour être un soldat qui a été un héros sur les champs de bataille, dit M. le curé, vous n'en avez pas moins une connaissance exacte des puissances de la messe, je vous en félicite. Avouez que le monstre ne peut pas approcher du sacrifice divin.
(...)
- En vérité, dit Langlois, je ne voudrais pas vous troubler, monsieur le curé, mais je crois qu'il s'en approche fort bien et je crois, au contraire, que c'est parce qu'il s'en est approché que nous n'avons rien risqué.
- La grâce divine ? demanda M. le curé.
- Je ne sais pas comment cela peut s'appeler, dit Langlois. Nous sommes des hommes, vous et moi, poursuivit-il, nous n'avons pas à nous effrayer de mots, eh bien, mettons qu'il ait trouvé ce soir un divertissement suffisant.
- Vous m'effrayez, dit M. le curé."
p. 99 : visite de Langlois à la cure ; se fait montrer l'ostensoir à l'église ; dernière apparition du curé


La Martoune

p. 20 : "C'est en raccompagnant la Martoune que Bergues ..."
"La Martoune habite le quartier des Pelousères."

p. 96 : "On en eut des échos par la sacristine, cette Martoune dont je vous ai déjà parlé." (Langlois la suit)

p. 96 : "Elle a soixante-dix ans et ceci n'est rien, mais d'abord elle est bossue et, ensuite, elle s'est tellement fourré de tabac à priser dans le nez qu'elle en a la bouche constamment ouverte depuis plus de trente ans ; avec, bien entendu, tout le ravage que l'air d'ici peut causer dans une bouche ouverte. Horrible à voir !"
p. 97 : "Martoune qui n'est pas bête (si je vous racontais la jeunesse de Martoune...)"
p. 98 : "Martoune est intelligente, comme je vous l'ai dit, mais peut-être pas pour tout. Malgré son âge, sa bosse et ses chicots, elle s'était mis dans la tête qu'elle pouvait faire un peu la donzelle."
p. 99 : montre les chasubles et l'ostensoir à Langlois

Ravanel père

p. 20


Ravanel Georges

p. 21 : victime ratée

Il a 20 ans en fin 1843
ressemble à un cochon : jeu sur goret p. 21 : "si vous en jugez par le Ravanel qui de nos jours conduit les camions et est justement le petit-fils de ce fameux Georges, ça devait être un petit assez gros), j'ai dit au petit : "Va voir ce que font les gorets.""

Le cochon

p. 22 : "un des cochons était couvert de sang"

p. 24, p. 25 : les hiéroglyphes

Père, Mère, Bijou

p. 26-27 : Que signifient ces noms ? Sont-ils propres ou communs ?

Le colporteur

p. 29 : Le colporteur [passe] une fois par an

p. 90 : parapluie bleu

p. 147 : parapluie rouge : le colporteur est ensuite désigné 3 fois métonymiquement par son parapluie p. 147, 148 et 149. La métonymie signale ici le désir obsessionnel de Delphine : soif de nouveau, de sexe et de colifichets qui brillent. Version profane de l'ostensoir. Le colporteur est le desservant des nouvelles du monde comme le curé est le desservant de la messe. Parapluie contre chasuble. La variation de couleurs étant le signe du cycle annuel. (p. 97 : mauve, rose et verte, dorée, blanc et bleu, sans compter la courante)

Quel est son rôle ? regardez le schéma dessiné par Giono


Frédéric II

p. 31 :
1) Faites une fiche sur ce personnage en faisant apparaître en quoi il est un personnage clé du récit (métier, occupations hivernales, situation de sa maison, son rapport à Langlois).
2) Pourquoi à votre avis son nom est-il répété au-delà de la normale, au détriment de pronoms anaphoriques ?
3) p. 73 et 74 : quel moment précis du roman vise les prolepses (il dira, il ne dira pas). A qui ? Y assiste-t-on ? Justifier ces prolepses.



les gendarmes

p. 41 : compagnie de 6 gendarmes

p. 79 : 2 gendarmes, dont un qui s'appelle Farnaud

Langlois

 

Comparer ses entrées.
1) p. 42
2) p. 51
3) p. 87

En quoi est-ce un roi ? un guerrier ? un prêtre ?


p. 88 : commandant de louveterie
p. 89 : la redingote, quoique sans fioritures, était de drap fin ; qu’elle pouvait être remplacée par une veste de buffle, plus souple qu’un linge ; que les culottes étaient de droguet de Montmélian ou d’un velours d’Annecy à faire loucher. Il avait encore des bottes impeccables qu’il salissait imperturbablement ; qui lui faisaient le pied plus petit que celui d’une femme ; et surtout trois grosses casquettes à oreillères : une en drap anglais, à carreaux, une en bure et une en loutre, beaucoup plus amicales pour nous que le gibus tromblon qu’il continua cependant à porter le dimanche."
p. 91 : "Pour dire comment il était, il y a deux mots l’un monacal et l’autre militaire. Le premier, c’est austère. Il était comme ces moines qui sont obligés de faire effort pour s’arracher d’où ils sont et venir où vous êtes ; imiter les rires et les mots auxquels vous êtes habitués ; avoir la politesse ou le mépris de ne pas trop vous surprendre. Le second mot qui dépeint bien, ensuite, comment était devenu Langlois, c’est cassant. Il était cassant comme ceux qui ne sont vraiment pas obligés de vous expliquer le pourquoi et le comment ;"
p. 158 :la guerre : "Il a fait l’Algérie. Il était à Oran avec Desmichels et à la Macta avec Trézel ...Ceux qui étaient là et qui s’en sont tirés, il fallait qu’ils en aient dans le ventre. D’abord. Ensuite, ils se sont fait la réflexion que c’était déjà très bien d’être vivants sans encore réclamer d’être des "bons vivants"."
p. 204-205 : Langlois à Saint-Baudille : la chasse au léopard :
"Vous n'imaginez pas la mémoire qu'il faut avoir pour arriver à vivre dans les étendues désertes et glacées" "Le désert est un pays de diplomates." en fait, on s'aperçoit qu'il est un loup (cf p. 205) que Mme Tim présente à la société pour le distraire. Il se comporte comme un soldat esquivant les escarmouches d'Abd-El-Kader dans le désert.

les degrés de la décomposition de Langlois :

Quel rôle joue la discussion avec Saucisse p. 159 ?


p. 208 : décision de se marier

Callas Delphin-Jules

p. 45 : A quel personnage biblique vous fait-il penser ?

Anselmie

p. 46 :

A quel autre moment important apparaît-elle, en dehors de la scène finale ?
Quelle relation particulière a-t-elle avec Langlois ?

Saucisse

En quoi son passé est-il un topos romanesque ? Quel est son point commun avec Langlois ?

  annoncée par le mot "saucisses" p. 24 : "Ravanel qui, ayant achevé le cochon, passait son temps à le mettre en saucisses et en boudins, histoire de se changer les idées"

p. 52 : soixante ans
"
forte d’une gueule avec laquelle elle sonnait volontiers la charge dans les oreilles de ceux qui essayaient de lui marcher sur les pieds" : annonce les invectives aux voyeurs

p. 121 : entre 50 et 70 ans
p. 173 : "j'étais jalouse. Oh! Ça m'arrivait souvent"
p. 190-191 : Saucisse et la religion :

Dorothée

p. 61 : chez Dorothée : fonction d'annonce

p. 65 “ Dorothée ! Dorothée morte ! ”
"le visage bien connu de Dorothée, le beau visage de Dorothée, Dorothée dont il avait vu, vingt minutes avant, la fenêtre éclairée".

petit garçon

p. 74

Le même petit garçon revient de l'école p. 182

Les vieillards

p. 87 : "A une certaine époque, il y a plus de trente ans, le banc de pierre, sous les tilleuls, était plein de vieillards qui savaient vieillir"
Quel est leur rôle dans le récit ? En quoi peut-on les comparer à un choeur ?


Le cheval de Langlois

p. 87    Cherchez dans la littérature antique et moderne des chevaux "communicatifs".


Le groom

p. 101

Le procureur royal

p. 102 : "il était célèbre jusque dans les massifs les plus désertiques"
"favoris blancs" "ventre bas qu'il portait devant lui à pas comptés comme un tambour"

p. 124 : "profond connaisseur du coeur humain" (comme disait la feuille), "un amateur d'âmes" (nous avions retenu les mots) si sa réputation n'était pas usurpée, c'est dans ses procurements qu'il aurait dû s'apprêter à connaître profondément le coeur humain."
p. 125 : "vous parlez d’un ventre qu’il portait comme un tambour ! On l’aurait dit trois fois plus gros que d’habitude, car il l’avait ceinturé d’une cartouchière ! Centré d’une boucle !... Sur des jambes guêtrées !... On ne peut pas vous dire ce que c’était, ces jambes !
Eh bien, il ne faut jurer de rien. Ce n’est pas nouveau, mais je n’ai jamais vu un homme plus solide que ce gros tas. Et j’en parle maintenant avec le souvenir de la chose passée ; ceux qui furent à côté de lui, pendant la battue, ne lui ont pas pris un pas d’avance et tout ce qu’ils ont fait - eux, montagnards -, lui, procureur royal, il l’a fait. En même temps, à la même vitesse, pareil, malgré son âge, et vraisemblablement malgré cette bibliothèque qu’il portait dans ses yeux où, le soir de ce jour-là, j’ai vu la profonde connaissance dont on parlait.., et la tristesse !..."
p. 137 : se trouve à côté de Langlois face au loup : "A côté de lui, l'ombre importante c'était sûrement le fameux procureur royal."
p. 143 : "légèreté aéronautique avec laquelle le fameux procureur royal fait traverser nos rangs à son ventre", répété p. 153 : "ce procureur royal, malgré son ventre, ne s'était pas porté tout de suite à la hauteur de Langlois avec une légèreté aéronautique"
p. 186 : "ce procureur ne boit le café que dans un verre, jamais dans une tasse"
p. 187 : "Comment a-t-il fait pour être là à trois heures de l'après-midi ? Où a-t-il couché ? Est-ce que ce n'est pas tout à fait comme si, au lieu de mettre trois jours pour venir cette fois, il n'en avait mis que deux ?"
p. 200-201 : "Il était comme un ballon, énorme et extrêmement léger, posé sur la pointe d'un vent. Ses yeux angoissés se demandaient dans quelle direction de la girouette..."
p. 201 "Le ventre que le procureur repoussait d'un coup de cuisse à chacun de ses pas donnait beaucoup de solennité à la promenade".

Urbain Timothée

Quelle est selon vous la caractéristique principale de M. Tim ?

p. 105 : capitaine de louveterie

p. 106 : un "guadalajara"

Mme Tim

p. 106-107 : 60 ans à son arrivée. 60 + 3 ou 4 + 7 ou 8 : au maximum 72 ans en 1846

p. 112 : La Capitaine
volcan et glacier.
déesse mère ruisselante.
p. 172 : "son âme pleine d'étangs et de verveines, et sa tête pleine d'oiseaux sauvages"
p; 173 : "je sacrifierais volontiers ma vie pour rassurer une biche ou pour rassurer un léopard. J'aime rassurer."
p. 186 : "Elle ne choisit pas les pierres propres. C'est une grand-mère. C'est une dame."

Le fils d'Onésiphore

p. 109

p. 113 : renvoyé pour insuffisance musicale.

Pierre-le-brave de Ponsonas

p. 113 : ancien cor de fanfare.


Le loup

p. 116 : "un monsieur"

p. 134 : "cet animal, cette personne"

Bouvard

le cocher p. 121

connait Saucisse "d'Eve et d'Adam" p. 122
pilier du café de la Route p.122
réapparition p. 192 (vient chercher Saucisse avec la calèche)

Curnier

p. 139 : jardinier chez les Tim, propriétaire du mastiff égorgé par le loup


Le chien

p. 140-41 :


Delphine

p . 144 : première apparition, 20 ans après, en compagnie de Saucisse

p. 210 : Langlois désire se marier avec le contraire d'une brodeuse et d'une bonne épouse.
p. 218 cette anti-femme est décrite par Saucisse : "une fille de notaire. Une poulinière brevetée. Une pisseuse d'arbre généalogique"
p. 233 : absence de meubles # la brodeuse
p. 235 : originaire de Voiron

Mme V.

p. 162 : "une brodeuse" (une brodeuse et une "bonne épouse", c'est ce dont Langlois ne voudra pas lorsqu'il veut se marier p. 208-209)

p. 163 : "une dentellière, une fée"
ibid. "cette fée élevait son petit garçon"
p. 164 : "Une femme était venue se fixer dans ce village"
p. 165: "Il était exact que cette femme" (savoir sur elle)
p. 169 : "c'était une femme d'une certain âge, entièrement grise"
vêtements noirs - yeux bleus
p. 172 : petite femme grise
p. 173 : "ce que je vis, surtout dans cette femme, c’est le halètement de biche poursuivie"
biche vs. léopard arrive juste après

Cadiche, Arnaude et Mathilda

p. 194 : notez les points communs et les différences entre les 3 soeurs. Quels types de personnages romanesques vous évoquent-elles ?


 

Le graphe des personnages selon Giono :

A noter, une fois passée la famille de M.V., et quand on est dans ce versant-ci du Trièves, l'importance accordée au colporteur, qui fait le lien entre les lieux de la vallée, qui est aussi une mesure du temps, et que l'on peut considérer comme une sorte de point de fuite du roman, objet du désir des femmes, et particulièrement de Delphine.

 

Tentative de classement des personnages

Schéma actantiel : la quête

Le tableau en haut de page tente de faire apparaître l'imbrication de deux quêtes :
la quête du prédateur qui est une quête du sang (sur le mode humain, Marie Chazottes, Ravanel George et son substitut le porc, Callas Delphin Jules et Dorothée ; sur le mode animal, cheval, vache, brebis et chien)
la quête du gendarme qui est supposée être une réparation (sur le mode humain, M.V. ; sur le mode animal, le loup)
A quoi il faudrait rajouter la quête du sens (le savoir si l'on veut) qui est censée relever d'un autre ordre : l'ordre du voir et du raconter, avec l'empilement de témoignages.

Ce qui fait l'intérêt du roman de Giono est de partir d'une structure de conte (qu'est-ce que le Conte du Graal, sinon de rechercher le sens dans le sang ?) ou d'une structure de roman policier en la pervertissant :
le sang remonte par contamination du criminel au gendarme et du gendarme aux voyeurs
le sens descend, par l'intermédiaire du personnage de Langlois, jusqu'au loup, qui est affecté lui aussi d'interrogations métaphysiques, ce qui apparaît mieux encore dans le film : "l'homme derrière Langlois : Il ne s'ennuie plus" (Scénario de 1962, Pléiade III, p. 1376)

C'est un roman de la contamination : l'ennui descend jusqu'à la bête tandis que le sang remonte jusque dans l'âme de l'homme qui sait.

La forme même de la narration, dans sa polyphonie, contribue au sens : le narrateur premier est contaminé par les langages des narrateurs secondaires, comme si au fond le récit était tout sauf une garantie de sécurité de l'intelligence : on pense ici aux techniques de Flaubert et de Faulkner.

Les registres utilisés (l'héroïque et le burlesque) vont dans le même sens.


L'individuel et le social :

Dans le conte populaire, le sujet présente un caractère exceptionnel (né autrement, venu d'ailleurs, pas comme les autres) qui aide à sa réintégration dans la société après la réparation d'un déséquilibre issu d'un manque ou d'une agression.
Le roman policier naît d'une disjonction romantique entre le détective exceptionnel, seul à la hauteur du criminel, et le reste de la société, le gendarme ou le policier institutionnel inclus, intellectuellement incapables de déchiffrer ce qui s'est réellement passé. Une fois l'affaire démêlée, le détective reprend sa position marginale.
Les récits de chevalerie sont des quêtes dont le véritable objet est sans doute de résoudre un problème social (déshonneur encouru par les pucelles ou menace des méchants nains et des vilains seigneurs), mais de maintenir le chevalier en état d'éveil et de disponibilité à l'infini. Perceval est un récit exceptionnel en ce qu'il met en scène un objet métaphysique, le Graal, et un chevalier très individualisé (ce n'est qu'un enfant, un 'nice').

Si l'on situe Un roi sans divertissement en regard de cette tradition, on trouve dans Langlois un individu qui joue le rôle d'un héros de conte : il répare par deux fois une agression et, intégré et reconnu par le village, il essaie de s'intégrer par son mariage avec Delphine, mais c'est raté.
Son métier le rattache à l'institution, mais on voit qu'il ne défend pas les lois de Louis-Philippe, mais une justice humaine qui se souvient d'un passé héroïque d'avant le roi-bourgeois : il est un orphelin de l'épopée napoléonienne et il a connu la solitude de la guerre d'Algérie et le face-à-face barbare avec l'ennemi. En ce sens il est un individu irréductible.
Comme Angelo du Hussard, il est irrémédiablement disjoint de la société au même titre que la prostituée Saucisse, sous les quatre-vingt-huit kilos de laquelle perce la fleur bleue ("Ah ! si j'avais eu vingt ans de moins") et la fille perdue ( à 16 ans chantant Berg op Zoom au beuglant), figures romantiques s'il en est.
La recherche de la signifiance des actes (Rien n'est sans raison) est son Graal. La révélation de Saucisse, que tout au fond est peut-être insignifiant, est ce qui le fracture et le ramène à la contemplation bête du sang de l'oie répandue par l'obtuse Anselmie.
Le suicide final, acte individuel par excellence, atteste, en même temps que l'échec de la quête du sens, la disjonction entre le soleil et la terre, l'univers et le village, et donc que l'altérité est impossible à suturer.


Les destinateurs :

C'est moins le pouvoir que le savoir qui définit les différentes figures du destinateur dans le roman :
Louis-Philippe est mentionné deux fois et de manière dépréciative (sans compter l'adjectif "royal" accolé à procureur, dont celui-ci se soucie peu). Le maire du village comme le maire de Chichiliane sont de simples détenteurs de clefs. Dans le scénario, Giono insiste sur le vide de la fonction : c'est simplement un paysan cossu vêtu de fourrure (Langlois : Vidons notre sac, monsieur le Maire" Le Maire : "N' y a pas de sac.") et le vide même du lieu de la mairie :

Toute la conversation amplifiée par les échos
Le maire : On en a fait la maison commune. Mais c'est trop grand pour nous. C'était fait pour les seigneurs.
Langlois : On est seigneur quand on veut.
Le maire : Peut-être bien. Moi je ne fais pas de politique. Tout ce que je dis, c'est que ça pourrait être mieux éclairé, par exemple.

(Pleiade, III, p. 1364)


Le pouvoir appartient à ceux qui le conquièrent par leur autorité :
L'arrivée de Langlois dans le village est une prise de pouvoir. Ce pouvoir est un pouvoir charismatique maintenu par des ficelles (la fameuse ficelle napoléonienne de se souvenir des noms : la battue au loup commence par une revue des troupes : ("Et si nous avions cru que notre Langlois avait oublié nos noms, ah! je t'en fiche ! Nos noms et notre parentage (auxquels nous tenons comme à la prunelle de nos yeux) sus sur le bout du doigt ! p. 120).

L'opposition de ceux qui savent et de ceux qui ne savent pas :

"Il y a beaucoup de choses que vous ne savez pas."
(Saucisse à ses auditeurs p. 159)


Le savoir constitue dans le roman une hiérarchie à plusieurs degrés : le procureur et Langlois, puis Mme Tim et Saucisse en concurrence.
C'est le mot militaire d"états de service" qui revient dans le roman pour qualifier le passé de Mme Tim, de Saucisse et du procureur (cf. p. 160)
Alors que les villageois assignent à Saucisse un rôle secondaire dans le trio des promeneurs "pour faire la troisième muette dans la promenade" (p. 154), elle dit sa supériorité sur Madame Tim : "On n'apprend pas tout dans les couvents, même avec des volcans à sa porte. Je n'ai jamais eu de volcan à ma porte mais je sais très bien ce que c'est qu'un dimanche après-midi dans une ville de garnison." (p. 156)

Le lien initial entre le procureur royal et Langlois sous forme d'un mandat ou d'une mission est passé sous silence dans le roman alors qu'il est explicite dans le scénario dont c'est la scène d'ouverture.
On peut même dire que le roman dénie ce mandat : Langlois dit ainsi :
"Vous vous imaginez que j'ai besoin d'un papier du procureur royal pour aller me promener dans les bois et me faire accompagner par deux hommes parce que j'ai peur la nuit ? Je vais me promener dans les bois. Compris ? Et j'ai peur la nuit. Compris ? Rompez." (p. 79)
Le texte présente les deux personnages comme des égaux, "amis" (p. 103), cul et chemise (p. 153), échangeant des "coups d'oeil". (ibid.)

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